Derrière l’objectif : 30 moments qui racontent cette année au Collège Nordique 

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Dans cet article, Marilou Pilote, créatrice de contenu au Collège Nordique, pose un regard personnel sur l’année 2025-2026 à travers 30 images qui l’ont marquée et surtout, les histoires, les personnes et les valeurs qu’elle y voit.

Dans mon rôle de créatrice de contenu, je passe une bonne partie de mon temps à observer. Bien sûr, il y a les photos, les vidéos, les publications, les articles, les campagnes, les stratégies et tout ce qui vient avec le travail en marketing et en création de contenu. Mais la partie que j’aime probablement le plus de mon rôle arrive souvent juste avant tout ça : m'imprégner et apprendre de ce que j’ai devant moi. Qui sont les personnes dans la pièce? Qu’est-ce qui est important pour elles? Qu’est-ce qui est en train de se passer au-delà de l’activité officielle? Qu’est-ce que j’aimerais me rappeler de ce que je suis en train de vivre?

Ça demande beaucoup d’observation, un peu d’instinct et, surtout, de l’empathie! C’est un privilège d’avoir la chance d’être les yeux, le coeur et la voix de nos communautés. Une photo peut montrer une cérémonie, une activité ou un projet. Mais derrière l’image, il y a souvent autre chose : de la fierté, du courage, de la nervosité, de la confiance qui se construit, une équipe qui s’adapte, des liens qui se créent ou simplement quelqu’un qui passe un très bon moment.

Pour revenir sur l’année 2025-2026, j’ai donc choisi 30 images parmi celles que j’ai captées ou qui ont marqué mon travail au cours de l’année. Pas nécessairement les 30 plus importantes, ni même les 30 plus réussies techniquement. Ce sont plutôt 30 images qui, pour moi, racontent quelque chose de vrai sur les personnes, les projets et la communauté qui ont fait vivre le Collège Nordique cette année.

1. Le courage de se jeter à l’eau 

Cette photo est l’une de mes préférées, d’abord parce que je la trouve magnifique : les canots, l’eau et Old Town en arrière-plan. Mais pour certaines personnes étudiantes d’Explore, ce départ représentait aussi une première expérience en canot. 

Ça m’a rappelé mes propres premières expériences en camp de vacances et à quel point essayer quelque chose de nouveau pouvait me terrifier. Avec le recul, ce sont pourtant ces expériences qui m’ont donné confiance et qui m’ont forgée. Alors, voir ces personnes apprendre le français tout en découvrant une activité profondément associée à l’expérience du plein air dans le Nord, malgré l’inconfort ou l’appréhension, m’a beaucoup touchée. J’y vois surtout du courage : pas l’absence de peur, mais la décision d’essayer quand même. 

2. La flexibilité

Cette cérémonie de clôture avait toutes les raisons de ne pas fonctionner. Quelques jours auparavant, la plage avait été visée par un avis en raison de la présence d’E. coli dans l’eau, ce qui avait éliminé les activités nautiques de nos plans. Puis, le matin de la cérémonie, Yellowknife s’est réveillée sous une épaisse fumée avec une très mauvaise qualité de l’air. Un peu démoralisant. Il a fallu encore une fois s’adapter et reporter l’activité en soirée.

Et puis, tranquillement, tout s’est replacé. On a appris dans la journée que l’avis concernant l’eau avait été levé, la fumée s’est dissipée et les canots ont finalement pu sortir. C’est dans cette lumière de fin de journée que j’ai photographié Yakshini, Léa et les personnes étudiantes en train de rire et de profiter du moment sous l’heure dorée. Quand je regarde cette photo, je pense surtout à tout ce qu’on ne voit pas : les plans qui ont changé, l’équipe qui s’est adaptée et cette drôle de chance qui a fait qu’après tout ça, on a finalement eu une magnifique soirée pour célébrer nos personnes apprenantes.

3. La curiosité n’a pas besoin de traduction

Je ne peux pas documenter toutes les activités du Collège avec ma caméra. Alors, lorsque j’ai eu l’occasion de suivre les groupes LINC et CLIC pendant quelques sorties pour réaliser une vidéo, j’en ai profité. Cette journée-là, les personnes apprenantes du programme LINC ont notamment pu visiter les archives du Musée et Centre du patrimoine Prince-de-Galles et accéder à des objets qui ne font pas partie des expositions habituelles. 

Ce que j’ai surtout remarqué, c’est leur curiosité. Les questions étaient nombreuses, même lorsqu’il fallait les poser et suivre les explications dans une langue qu’elles étaient encore en train d’apprendre. Pour moi, cette photo représente cette envie de comprendre ce qui nous entoure et ce qui nous a précédés. Quelle chance de regarder des gens vouloir apprendre! 

4. Une véritable alliée de la francophonie

Lors d’un passage à Yellowknife, l’honorable Mona Fortier a pris le temps de venir rencontrer l’équipe du Collège. Ce qui m’a marquée, c’est sa façon très humaine de parler de la francophonie, de son propre parcours et de cette volonté de défendre le français qui traverse les générations de sa famille.

On est loin à Yellowknife, donc beaucoup des personnes qui s’intéressent à la francophonie nordique ou qui la défendent se trouvent à des milliers de kilomètres, et les rencontres se font souvent derrière un écran. Alors, lorsqu’une personne prend le temps de franchir nos portes, d’écouter et de comprendre ce qu’un petit collège francophone accomplit dans le Nord, ça compte. Cette rencontre nous a donné de l’énergie et m’a rappelé à quel point la francophonie peut compter sur des personnes alliées bien au-delà de notre territoire. 

5. Avoir le Collège à cœur 

Francis Giguère et Valérie Lobé-Manga ont tous les deux travaillé au Collège avant que les coupures de l’automne 2025 mettent fin à leur passage au sein de notre équipe. Pourtant, ils n’ont jamais vraiment cessé de faire partie de sa vie.

Je continue de les voir revenir : à une soirée karaoké avec les personnes étudiantes organisée avec Explore, à la cérémonie de remise d’attestations, dans différentes activités ou pour donner un coup de main. Valérie s’implique notamment au comité ÉDIA du Collège et a accueilli une personne étudiante d’Explore dans sa famille; Francis offre notamment de son temps pour la surveillance d’examens et pour partager ses connaissances avec des personnes étudiantes. Je ne veux pas parler à leur place. Je peux seulement raconter ce que j’observe : deux personnes qui continuent de donner généreusement de leur temps à une communauté et à une mission auxquelles elles semblent profondément attachées, avec le bonheur contagieux! 

6. Affronter le défi, ensemble 

Sur cette photo, le groupe CLIC marche vers le Café-emploi. L’activité qui les attend leur demande de sortir le français de la salle de classe : aller vers des gens, leur poser des questions en français, comprendre leurs réponses et être capables de retranscrire l’information. Simple sur papier. Beaucoup moins lorsqu’on est encore en train d’apprendre la langue.

Ce que j’aimais en marchant avec eux, c’était de voir des parcours très différents avancer ensemble. Certaines personnes apprennent le français depuis longtemps, certaines veulent mieux accompagner leurs enfants en immersion et d’autres viennent d’arriver à Yellowknife. Les niveaux, les histoires et les motivations diffèrent. Personne n’avait besoin d’être au même niveau pour avancer dans la même direction. Cette photo est un symbole que j’apprécie particulièrement. 

7. La fierté de pouvoir dire : on l’a fait 

Je ne me rappelle plus exactement ce que tout le monde applaudissait au moment précis où j’ai déclenché l’appareil. Ce dont je me souviens, en revanche, c’est de ce que représentait cette fin de programme.

Amener Explore aux Territoires du Nord-Ouest pour une première édition représentait tout un défi : les coûts, le logement limité, les familles d’accueil à trouver, une petite cohorte pour laquelle on souhaitait quand même offrir plusieurs niveaux linguistiques… Beaucoup de travail avait été accompli par l’équipe et les personnes enseignantes pour arriver jusque-là. Sur cette photo, je vois surtout Patrick, les bras croisés avec un immense sourire, entouré des personnes étudiantes et de l’équipe. Lui qui avait participé à Explore environ 20 ans auparavant se retrouvait maintenant à l’accueillir à Yellowknife. Ce sourire-là me dit : on l’a fait! 

8. Prendre le temps de se retrouver 

Cette journée chez Angela fait partie des moments que j’aime particulièrement vivre au Collège. Les personnes étudiantes d’Explore étaient sur le territoire, faisaient du perlage et de la bannique sur le feu, quelqu’un jouait de la guitare et les conversations se faisaient naturellement en français. Angela et son mari nous accueillaient chez eux, simplement et généreusement.

Ce qui m’a marquée, c’est à quel point tout le monde semblait confortable. On n’était plus dans une salle de classe, mais l’apprentissage était toujours là, dans les conversations, les activités et les connaissances qui étaient partagées. Depuis que je travaille au Collège, je remarque que ce sont souvent ces moments-là qui me marquent le plus moi aussi, soit quand on sort de notre quotidien, qu’on prend le temps d’être ensemble et qu’on laisse de la place à de vraies rencontres.

9. Voir en quelqu’un ce qui devient possible 

Pendant le panel de clôture d’Explore, Destiny a parlé de son rapport au français, qui s’est ajouté à plusieurs autres langues dans son parcours, et de son désir de poursuivre éventuellement des études en éducation pour pouvoir enseigner en français. Rosie lui a alors raconté qu’elle se reconnaissait dans certaines parties de son histoire puisqu’elle avait elle-même participé à Explore il y a une vingtaine d’années et des études en France avant que son parcours la mène vers l’éducation en français aux Territoires du Nord-Ouest.

Puis elles ont ri ensemble comme ça. Je sais que leurs histoires ne sont pas les mêmes, mais en les regardant côte à côte, j’ai vu une sorte de miroir entre deux parcours. Il est parfois puissant de rencontrer quelqu’un quelques étapes plus loin sur un chemin qui ressemble un peu au nôtre et de pouvoir se dire que c’est possible. 

10. Être fier du chemin parcouru 

Quelques minutes avant cette photo, Tamlin remettait des attestations à ses personnes étudiantes avec beaucoup d’émotion. On sentait à quel point il connaissait les efforts qui existaient derrière ces réussites : apprendre une langue tout en travaillant, en s’occupant d’une famille, en s’installant dans une nouvelle communauté ou simplement en composant avec tout ce que la vie continue de nous envoyer.

Puis je l’ai retrouvé près du barbecue, tablier autour de la taille, auprès de deux personnes étudiantes et un immense sourire au visage. Je sais que c’est très spécifique, mais cette photo me donne une énergie de « papa fier près du barbecue » et je l’adore pour ça. Derrière la blague, il y a surtout quelque chose de très vrai : la réussite des personnes étudiantes tient profondément au cœur de notre équipe enseignante. 

11. Célébrer nos différences 

Leurs sourires font une bonne partie du travail à ma place, c’est difficile de ne pas sourires avec elles! Ce que j’aime particulièrement, ce sont toutes les identités qui semblent pouvoir coexister naturellement dans le même moment : Valérie porte des vêtements traditionnels africains, Destiny un chandail Land Back, et toutes les deux participent à une activité de danse latine. Je trouve cette image belle précisément parce que personne n’a besoin d’effacer ce qu’elle est pour partager quelque chose avec l’autre. Des cultures et des histoires différentes se rencontrent, et pendant quelques minutes, tout ce qu’on voit surtout, c’est le plaisir d’être ensemble. 

12. Partager l’émerveillement 

Ces quatre personnes étudiantes d’Explore venaient de gagner un tour d’hydravion au-dessus de Yellowknife parce qu’elles s’étaient démarquées tout au long du programme par leur engagement, leur enthousiasme et leur volonté de participer. Alors j’étais particulièrement heureuse de pouvoir assister à leur excitation lorsqu’elles ont appris qu’elles partaient, et encore plus de savoir que j’avais le privilège de le faire avec elles!

L’émerveillement dans leurs yeux étaient touchant et inspirant. En voulant offrir une expérience nordique mémorable aux personnes étudiantes, le moment nous a rappelé à nous aussi qu’il reste toujours quelque chose de nouveau à vivre à Yellowknife et il faut se laisser imprégner du moment présent.

13. Se rappeler pourquoi on le fait 

Quelques heures avant la cérémonie de clôture d’Explore, les personnes étudiantes ont surpris l’équipe avec des macarons et une carte écrite en français pour nous remercier des moments vécus pendant leur séjour. 

Explore était une première pour le Collège. Il y avait beaucoup de travail derrière ce que les personnes étudiantes voyaient et, dans le feu de l’action, on n’avait pas nécessairement le temps de s’arrêter pour mesurer l’effet que tout ça pouvait avoir de l’autre côté. Cette fois-là, ce sont elles qui nous l’ont rappelé. Cette photo d’équipe n’était pas particulièrement planifiée ni travaillée, et elle garde la trace d’un moment où on a pu se regarder et se dire que tous ces efforts avaient réellement eu un impact sur ces personnes apprenantes. 

14. La force de la communauté 

Certaines personnes préfèrent photographier ce qui se passe, moi j’adore encore plus photographier les réactions à ce qui se passe : les applaudissements, les grands sourires et l’enthousiasme très sincère avec lequel elles encourageaient les personnes devant elles.

À la cérémonie de clôture d’Explore (encore Explore oui, c’était vraiment 5 semaines de création sur le terrain incroyable pour moi), il y avait les personnes étudiantes, mais aussi des familles d’accueil, des partenaires, des collègues, des amis et des membres de la communauté. J’essaie parfois d’imaginer ce que ça doit faire d’arriver à Yellowknife sans connaître grand monde et, quelques semaines plus tard, de voir autant de personnes se déplacer pour célébrer ce qu’on vient d’accomplir. Quand certaines personnes étudiantes nous ont dit qu’elles aimeraient revenir un jour, cette photo m’a aidée à comprendre pourquoi. 

15. Voir son travail prendre vie 

Une partie du travail en marketing se passe dans l’ombre : concevoir, écrire, réviser, commander du matériel, ajuster des visuels et réfléchir à la manière dont le Collège se présente dans la communauté. Lorsque j’ai commencé à participer davantage aux événements en personne, j’ai enfin pu voir certaines de ces choses prendre vie devant moi.

Pendant cet événement destiné aux personnes nouvellement arrivées l’an dernier, notre table s’est retrouvée entourée de gens de différents âges et parcours qui venaient poser des questions sur le Collège et nos services. Et moi, derrière mon appareil, je remarquais aussi nos casquettes, nos chandails orange, nos tours de cou et tout ce petit univers visuel sur lequel notre équipe avait travaillé. Pour les personnes présentes, c’était probablement simplement notre kiosque. Pour moi, c’était aussi la satisfaction très concrète de voir un travail fait en coulisses remplir exactement son rôle. 

16. Faire équipe, même à distance 

Natacha travaille à distance depuis Toronto. On se parle énormément, mais être dans la même équipe et être dans la même pièce sont deux choses assez différentes. Lorsqu’elle est venue à Yellowknife autour du Sommet panterritorial sur l’apprentissage, on a donc eu quelque chose d’assez rare : du temps pour travailler côte à côte, réfléchir à nos stratégies et simplement échanger sans avoir à ouvrir Teams. Le rêve quoi! 

J’aime cette photo parce qu’elle est presque banale quand on ne le sait pas... Natacha qui travaille au bureau du Collège! Un grand moment pour nous quand ça arrive. Je suis chanceuse de l’avoir comme équipe et j’adore cette photo. 

17. Isolés, mais jamais seuls 

Pendant le Forum sur le leadership et l’engagement citoyen, les personnes participantes ont placé de petites lumières sur une carte pour représenter les endroits où elles vivaient. Le groupe réunissait une quarantaine de personnes provenant de 22 pays et territoires, des Amériques jusqu’au Nord canadien.

Cette carte n’est peut-être pas la photo la plus spectaculaire de ma sélection, mais j’aime énormément ce qu’elle m’a fait réaliser. À Yellowknife, la distance fait tellement partie de notre quotidien qu’il est facile de penser la francophonie à partir de notre propre isolement. Puis on regarde toutes ces petites lumières et la perspective change. Notre communauté est éloignée, oui. Mais elle existe dans un réseau beaucoup plus vaste de communautés francophones aux histoires et aux réalités différentes. Notre petite lumière est loin des autres. Elle n’est certainement pas seule. 

18. Un petit collège, un impact bien réel 

J’ai choisi ici deux photos de remises d’attestations : des personnes étudiantes des programmes LINC, CLIC et de la petite enfance, auxquelles se joignent aussi des personnes d’Explore sur l’une des images. Elles sont simples : des groupes, des attestations et beaucoup de sourires. Pourtant, elles représentent l’une des choses les plus concrètes que je peux photographier dans mon travail.

Derrière ces morceaux de papier se trouvent des heures d’apprentissage et des parcours très différents. Pour certaines personnes, apprendre une langue peut faciliter l’intégration dans une nouvelle communauté; pour d’autres, la formation ouvre des possibilités professionnelles ou personnelles. On parle souvent de l’impact d’une organisation avec des chiffres. Dans ces moments-là, moi, je peux le regarder dans le visage des personnes qui viennent de terminer quelque chose dont elles sont fières.

19. Le respect commence par l’écoute 

Sur cette photo, Cécilia offre une introduction au tłı̨chǫ aux personnes étudiantes d’Explore. Je les entendais essayer de prononcer les mots et les phrases, recommencer et être réellement fières lorsqu’elles y arrivaient.

Plusieurs personnes qui viennent dans le Nord veulent en apprendre davantage sur les communautés autochtones et leurs cultures. Ce que j’aime ici, c’est que cette rencontre passe aussi par la langue et par la position d’une personne qui accepte d’être apprenante. Au Collège, la réconciliation et les relations avec les communautés autochtones sont importantes. Pour moi, le respect commence aussi là : arriver avec de la curiosité, reconnaître qu’on ne sait pas et prendre le temps d’écouter les personnes qui peuvent nous apprendre.

20. L’ambition de bâtir ici 

Il y a des personnes dont l’énergie traverse facilement une photo. Raymonde était l’une de ces personnes. Je l’ai photographiée pendant un panel réunissant des jeunes du Nunavut, des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon au Sommet panterritorial sur l’apprentissage. On y parlait d’éducation, de mobilité, de carrière, des défis propres au Nord et des ressources qui permettent aux jeunes de poursuivre leurs ambitions. Raymonde parlait avec énormément d’énergie de ses projets et de son implication dans sa communauté. Ce que j’ai retenu de ce panel, c’est justement cette possibilité de voir grand sans nécessairement regarder vers le Sud : donner aux jeunes les ressources et la confiance nécessaires pour imaginer ce qu’ils peuvent construire ici. 

21. Transmettre en allant à la rencontre 

Rosie était là pour parler de son parcours avec le français à des jeunes en immersion dans le cadre d’une activité de Français pour l’avenir. À un moment, elle est plutôt descendue dans l’auditorium pour aller discuter directement avec eux.  

Je me rappelle particulièrement des jeunes dans les premières rangées qui répondaient, parlaient en français et racontaient leur propre expérience avec l’immersion. Rosie avait elle-même appris le français avant d’en faire une partie importante de son parcours professionnel. J’aime cette image parce que la transmission y devient très concrète : une personne raconte où une langue l’a menée et prend le temps d’écouter les personnes qui sont peut-être au début de leur propre histoire avec elle.

22. La gratitude, en toutes lettres 

J’aurais pu choisir une photo que j’avais moi-même prise de leur séjour, mais j’aime trop celle-ci! Pendant le Mois de la Francophonie, trois personnes étudiantes du Cégep de La Pocatière sont venues à Yellowknife avec leur enseignante, Sophie Brodeur, pour s’intéresser à la francophonie en contexte minoritaire et nordique.

Sur ce selfie devant le Snow Castle, elles tiennent une feuille sur laquelle elles ont écrit « #gratitude ». Et après avoir passé du temps avec elles, je ne pouvais pas imaginer meilleur mot. Elles voulaient rencontrer les gens, poser des questions, essayer les activités et comprendre ce qu’on leur présentait. Surtout, elles nous répétaient constamment à quel point elles étaient reconnaissantes de pouvoir vivre cette expérience. Alors, pour une fois, je n’ai même pas besoin d’interpréter ce que représente la photo.

23. Se retrouver dans une cause commune 

Le Forum international sur la promotion et la préservation des langues minoritaires et autochtones a réuni des personnes provenant de différentes communautés du Grand Nord canadien, de l’Alaska, de l’Europe et d’ailleurs. Les histoires, les langues et les perspectives étaient différentes. Et parler de préservation linguistique, c’est inévitablement toucher à l’identité, à la transmission, à l’histoire et parfois à la guérison.

C’est justement pour ça que j’aime autant cette photo. Au milieu de discussions parfois complexes, j’ai capté un groupe de personnes aux réalités très différentes en train de rire ensemble. Elles n’avaient pas besoin d’avoir la même histoire pour comprendre pourquoi celle des autres comptait. Pour moi, cette image représente cette capacité à se retrouver autour d’une cause commune sans effacer tout ce qui nous distingue.

24. Construire l’avenir ensemble 

Quand je regarde cette photo aujourd’hui, elle n’a plus tout à fait la même signification qu’au moment où je l’ai prise. Elle date d’une rencontre panterritoriale au Collège où des membres d’organismes francophones du Nord discutaient notamment du développement de l’apprentissage en français et du Sommet panterritorial qui se préparait. À ce moment-là, ce que je remarquais surtout, c’était la complicité et la qualité des relations entre les personnes réunies.

Quelques mois plus tard, le projet de développement d’un campus panterritorial du Collège Nordique dans les trois territoires était annoncé au Sommet. Cette photo me rappelle tout ce qui existe avant une annonce : des conversations, des déplacements, des relations de confiance et énormément de travail. Dans le Nord, se retrouver dans la même pièce demande parfois déjà un effort considérable. Mais quand je regarde cette image maintenant, j’ai surtout l’impression de regarder des personnes en train de préparer quelque chose pour l’avenir.

25. Prendre soin dans la langue de l’autre 

Cette photo a été prise lors d’un Café de Paris, une activité qui permet à des personnes du milieu de la santé de pratiquer leur français afin de pouvoir mieux servir les personnes francophones.  

Grace, au centre, s’investit beaucoup dans son apprentissage du français pour son travail et par passion. Et je trouve qu’il y a quelque chose de profondément généreux dans cette démarche : choisir de continuer à apprendre pour être éventuellement capable d’offrir un meilleur service à quelqu’un dans sa langue. Cette photo me rappelle aussi que cet effort peut être agréable. À force de se retrouver, de pratiquer, de manger ensemble et de rire, l’apprentissage devient aussi un espace où des liens se créent.

26. S’ouvrir à ce qui nous est étranger 

Une visite à Nature’s North Wildlife Gallery avec des personnes apprenantes du programme LINC, entourées d’ours, de loups, d’un immense orignal et de dizaines d’autres espèces. Une image typique du Nord.

Ce qui m’intéresse surtout, ce sont les personnes au milieu de tout ça. Elles arrivent à Yellowknife de différentes régions du monde avec leurs propres cultures et références, puis apprennent tranquillement à connaître l’endroit où elles viennent de s’installer. Ces sorties sont volontaires : elles choisissent d’y participer, de poser leurs questions et de se laisser un peu dépayser. S’intégrer ne veut pas dire laisser sa culture derrière soi. C’est aussi avoir suffisamment d’ouverture pour aller à la rencontre d’un environnement et de références qui, au départ, ne nous sont pas familiers.

27. Ne jamais perdre sa capacité à s’émerveiller 

Une collègue a pris cette photo pendant la même visite et je suis très contente qu’elle l’ait fait, parce que je trouve qu’elle représente merveilleusement bien Leanne.

Leanne enseigne au programme CLIC. Elle est rassembleuse, curieuse, joueuse et fait partie de ces personnes qui semblent avoir conservé une capacité assez précieuse à s’enthousiasmer sincèrement devant ce qui les entoure. Elle semble complètement fascinée par l’orignal ou même de discuter avec lui. Je la trouve absolument parfaite et whimsical. Et dans une sélection consacrée aux personnes qui ont marqué mon année, ça me semblait être une excellente raison de garder la photo.

28. La complicité dans le quotidien 

Je vous promets que cette séance photo était très professionnelle. Leanne et Yakshini m’aidaient à créer des images pour expliquer les nouvelles procédures d’inscription du Collège et Tamlin s’est senti inspiré. Cette photo raconte parfaitement la complicité qui fait aussi partie de notre quotidien. Je photographie beaucoup de grands projets au Collège, mais ce sont ces moments-là qui restent avec moi. 

29. Être pleinement là 

Pendant presque toute la semaine du camp d’immersion tłı̨chǫ, il avait fait chaud. Très chaud. Lorsque je suis arrivée vers la fin du camp pour prendre des photos, la chaleur et la fatigue commençaient à se faire sentir. Puis, pendant le cercle de partage, au moment où les aînées ont commencé à prendre la parole, le tonnerre s’est mis à gronder. Quelques instants plus tard, la pluie est tombée à verse.

Je ne suis pas quelqu’un qui cherche nécessairement une signification spirituelle derrière ce genre de moment, mais celui-là m’a saisie. Après plusieurs journées de chaleur, la pluie sur le territoire était accueillie avec une joie presque palpable. Des personnes sont sorties pour la sentir, rire et profiter de ce qui arrivait. Dans un camp où l’apprentissage du tłı̨chǫ était étroitement lié au territoire, à l’identité et à la transmission, j’ai trouvé particulièrement beau de voir tout le monde s’arrêter et être simplement là. Puis la pluie est repartie, le soleil est revenu, et ce petit moment était spécial.

30. Et derrière toutes ces images… 

Pour terminer, je me permets de passer de l’autre côté de l’objectif. Cette photo de Natacha et moi a été prise à PSEWEB, une conférence consacrée au marketing dans le milieu postsecondaire, à Toronto. Pendant trois jours, on a pu assister à des conférences, réfléchir à notre travail, échanger des idées et surtout faire ce qu’une équipe à distance ne peut pas toujours faire : simplement passer du temps ensemble.

Derrière les photos, les vidéos, les articles, les campagnes, le site Web et les stratégies que vous avez vus passer cette année, il y a aussi une petite équipe marketing qui réfléchit à la meilleure manière de raconter ce qui se passe au Collège. Nous sommes fières de tous ces projets et sommes excitées pour une autre année de contenus!

Publié le 31 août 2026