Prendre soin de son bien-être, à sa façon

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Chaque année, le 10 octobre marque la Journée mondiale de la santé mentale. Cette journée invite à réfléchir à notre bien-être, mais aussi aux différentes façons de le comprendre et d’en prendre soin.

Au Collège Nordique, nous privilégions une approche qui parle de bien-être au sens large. La notion de santé mentale n’a pas nécessairement la même signification pour tout le monde. Selon les cultures, les expériences et les réalités individuelles, certaines personnes se reconnaissent davantage dans des notions comme l’équilibre, les relations, la communauté ou simplement le fait de prendre soin de soi.

À l’occasion du 10 octobre, nous avons donc demandé aux membres de notre équipe ce qui contribue à leur bien-être. Que nous dit la recherche sur ces petits gestes du quotidien?

Bouger pour se sentir bien

Le mouvement est l’une des habitudes qui revient le plus souvent dans notre équipe.

Ernesto se tourne vers le gym et la piscine. Marilou privilégie le vélo. Christine trouve elle aussi une partie de son équilibre dans l’activité physique, tandis qu’Erika joue au squash. Pour Natacha, bouger prend plutôt la forme de la salsa et de la bachata. Mounir se tourne également vers le sport à la maison pour évacuer le stress et maintenir son équilibre. 

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’activité physique régulière peut notamment réduire les symptômes de dépression et d’anxiété et améliorer la santé cérébrale, le sommeil et le bien-être général. Toute quantité d’activité physique vaut mieux qu’aucune et toutes les formes de mouvement comptent (Organisation mondiale de la Santé, 2024).

Lorsqu’on bouge, plusieurs mécanismes biologiques et psychologiques entrent en jeu. Les endorphines, souvent associées à l’activité physique, ne représentent qu’une partie d’un système beaucoup plus complexe impliqué dans notre humeur, notre réponse au stress et notre bien-être. 

Créer pour ralentir 

Natacha aime l’aquarelle, la poterie et l’écriture quotidienne dans un journal pour libérer son esprit, tandis qu’Erika se tourne notamment vers le tricot et la poterie. Ces activités créatives peuvent offrir un espace où porter son attention ailleurs, exprimer des émotions ou simplement ralentir. 

Dans un important rapport consacré aux arts, à la santé et au bien-être, l’OMS a recensé les résultats de plus de 3 000 études. Les données montrent que les arts peuvent contribuer à la promotion de la santé et du bien-être ainsi qu’à la prévention et à la prise en charge de certaines réalités de santé (Fancourt & Finn, 2019).

Et nul besoin de créer pour performer : le processus lui-même peut avoir de la valeur. 

Quand la musique nous accompagne

Pour Marilou, écouter et faire de la musique permet de se ressourcer. Christine y trouve elle aussi du plaisir, particulièrement avec la house et l’afrobeat. 

Une revue systématique et deux méta-analyses regroupant 104 essais randomisés et 9 617 personnes ont observé un effet significatif des interventions musicales sur différentes mesures psychologiques et physiologiques liées au stress (de Witte et al., 2020).

Les études se sont notamment intéressées à l’expérience psychologique du stress, à la fréquence cardiaque, à la pression artérielle et à certaines réponses hormonales. Les effets peuvent toutefois varier selon les personnes et les contextes.

Nature et moments de calme

Pour Margarita, Edouard et Patrick, le bien-être passe notamment par une forme de méditation. Pour Patrick, le son de l’eau est particulièrement apaisant. La spiritualité occupe quant à elle une place importante dans le quotidien de Mounir, qui prend au moins 30 minutes chaque jour pour se ressourcer, se recentrer et retrouver sa paix intérieure. Marilou, Erika et Leanne trouvent également une partie de leur équilibre dans le plein air et les marches à l’extérieur. 

Une revue systématique portant sur 47 essais et 3 515 personnes a conclu que les programmes de méditation de pleine conscience pouvaient entraîner des réductions petites à modérées de certaines dimensions du stress psychologique, notamment l’anxiété et les symptômes dépressifs (Goyal et al., 2014). 

Les façons de retrouver le calme peuvent toutefois être très différentes d’une personne à l’autre : méditer ne signifie pas nécessairement rester immobile dans le silence.

Nourrir et respecter son corps

Pour Ernesto, Christine et Natacha, prendre soin de soi passe aussi par la cuisine. Erika accorde de l’importance à son alimentation et à son sommeil. Pour Marilou, qui vit avec la narcolepsie, les siestes permettent aussi de respecter les besoins particuliers de son corps et de préserver son énergie.

Alimentation, sommeil et bien-être sont étroitement liés. La recherche sur l’alimentation s’intéresse d’ailleurs davantage aux habitudes globales qu’à des « aliments miracles ». Une méta-analyse de cinq essais randomisés regroupant 1 507 personnes présentant une dépression ou des symptômes dépressifs a observé une diminution des symptômes avec des interventions basées sur une alimentation méditerranéenne, tout en soulignant que le niveau de certitude des données demeurait faible (Bizzozero-Peroni et al., 2024).

Prendre soin de son corps peut donc aussi commencer par apprendre à reconnaître ses propres besoins.

Lire pour décrocher

Pour Marilou et Erika, la lecture permet aussi de décrocher. 

Une revue de 43 publications sur la lecture pour le plaisir relève plusieurs mécanismes pouvant contribuer au bien-être, notamment la prise de distance avec les sources de stress du quotidien, la stimulation intellectuelle, la compréhension de soi, l’empathie et les liens avec les autres (Sirisena et al., 2025).

Lire peut ainsi être une façon de ralentir, de découvrir d’autres perspectives ou simplement de s’accorder un moment ailleurs.

Être bien entouré

Pour Erika, les activités communautaires et le fait d’être entourée de personnes qui lui font du bien contribuent à son équilibre. Natacha accorde elle aussi de l’importance aux liens avec les autres, en prenant le temps d’appeler et de voir ses proches. S’occuper de son chat, jouer avec lui et le caresser font également partie des moments qui lui font du bien. Marilou trouve quant à elle beaucoup de réconfort dans le temps passé avec son chien. 

En 2025, la Commission de l’OMS sur le lien social estimait qu’environ une personne sur six dans le monde vit de la solitude et soulignait l’importance des liens sociaux pour la santé et le bien-être (Organisation mondiale de la Santé, 2025). 

Être bien entouré ne signifie toutefois pas avoir un grand cercle social. La famille, les proches, les collègues, la communauté et les animaux de compagnie peuvent tous occuper une place différente dans notre équilibre.

Plusieurs chemins vers le bien-être

À travers toutes ces réponses, une chose ressort : il n’existe pas de recette universelle.

Prendre soin de soi ne passe pas non plus nécessairement par une activité. Pour Mounir, cela signifie aussi relativiser ce qui lui arrive, reconnaître ce qui n’est pas de son ressort et accepter qu’il ne peut pas tout contrôler. Cette façon de voir les choses l’aide à prendre du recul.

Le bien-être peut être physique, émotionnel, social, culturel, spirituel ou créatif. Il peut passer par le mouvement comme par le repos, par des moments de solitude comme par la communauté. Notre culture, notre environnement, nos capacités, notre état de santé et nos expériences peuvent également influencer ce qui nous fait du bien.

En cette Journée mondiale de la santé mentale, une question toute simple mérite peut-être d’être posée : qu’est-ce qui me fait du bien?

Besoin de soutien? 

Prendre soin de son bien-être peut aussi vouloir dire demander du soutien. Plusieurs ressources gratuites et confidentielles sont accessibles aux Territoires du Nord-Ouest.

Ligne 811 des TNO

Composez le 811 en tout temps pour parler à une personne infirmière autorisée. Pour du soutien en santé mentale et en mieux-être, appuyez sur le 1. Des services sont accessibles en français.

Programme de counseling communautaire des TNO

Des services gratuits de counseling en santé mentale et en mieux-être sont accessibles aux personnes résidant aux TNO, en personne dans plusieurs collectivités ou à distance.

988, Ligne d’aide en cas de crise de suicide

Composez ou textez le 988, en tout temps, pour obtenir du soutien en cas de pensées suicidaires ou si vous vous inquiétez pour une autre personne.

Jeunesse, J’écoute

Les jeunes peuvent obtenir du soutien en tout temps en composant le 1 800 668-6868 ou en textant PARLER au 686868.

Ligne d’écoute d’espoir pour le mieux-être

Les membres des Premières Nations et les Inuit peuvent obtenir du soutien culturellement adapté en composant le 1 855 242-3310. En situation d’urgence ou de danger immédiat, composez le 911 ou rendez-vous au service des urgences.

Références

Bizzozero-Peroni, B., et al. (2024). The impact of the Mediterranean diet on alleviating depressive symptoms in adults: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Nutrition Reviews.

de Witte, M., Spruit, A., van Hooren, S., Moonen, X., & Stams, G.-J. (2020). Effects of music interventions on stress-related outcomes: A systematic review and two meta-analyses. Health Psychology Review, 14(2), 294–324. https://doi.org/10.1080/17437199.2019.1627897

Fancourt, D., & Finn, S. (2019). What is the evidence on the role of the arts in improving health and well-being? A scoping review. WHO Regional Office for Europe.

Goyal, M., Singh, S., Sibinga, E. M. S., et al. (2014). Meditation programs for psychological stress and well-being: A systematic review and meta-analysis. JAMA Internal Medicine, 174(3), 357–368. https://doi.org/10.1001/jamainternmed.2013.13018

Organisation mondiale de la Santé. (2024). Activité physique. Organisation mondiale de la Santé.

Organisation mondiale de la Santé. (2025). From loneliness to social connection: Charting a path to healthier societies. Organisation mondiale de la Santé.

Sirisena, M., et al. (2025). Reading for wellbeing: A realist review of evidence. Perspectives in Public Health. https://doi.org/10.1177/17579139251371961