Soirée de lancement du recueil Nordicité
Cet événement offre une soirée festive autour du recueil Nordicité, avec jeux, rencontres des personnes autrices et plus.
Gratuit
Nos témoins et ceux de nos partenaires aident à améliorer votre expérience et analyser votre utilisation du site web. Pour tout savoir sur les témoins, consultez notre politique de confidentialité

Et si apprendre une langue n’était pas seulement une compétence pratique, mais un véritable acte de santé cognitive? La recherche scientifique confirme aujourd’hui que l’apprentissage linguistique, même à l’âge adulte, transforme le cerveau, stimule les fonctions exécutives et pourrait contribuer à retarder certains effets du vieillissement.
Contrairement à l’idée reçue selon laquelle « le cerveau n’apprend plus après 18 ans », les neurosciences montrent que la structure cérébrale continue d’évoluer lorsqu’une personne se forme activement dans une nouvelle langue. Une étude menée auprès d’interprètes en formation intensive a démontré une augmentation du volume de l’hippocampe (mémoire) et une modification de zones frontales et temporales liées au langage, en seulement trois mois d’apprentissage soutenu (Mårtensson et al., 2012). Une synthèse vulgarisée de ces résultats souligne que « le cerveau change littéralement de forme lorsqu’il apprend une langue » (ScienceDaily, 2012).
L’apprentissage linguistique mobilise fortement les fonctions exécutives, c’est-à-dire la capacité à gérer son attention, à inhiber une réponse automatique, à passer d’une tâche à une autre, et à résoudre un problème en temps réel. Chez les adultes plus âgés, ces activités agissent comme une forme de gymnastique cérébrale, capable de soutenir la concentration et la capacité d’adaptation. Une revue récente confirme que l’usage actif d’une ou plusieurs langues dans la vie quotidienne est associé à une meilleure performance dans certaines tâches d’attention et de contrôle cognitif (Gallo et al., 2022).
On s’intéresse de plus en plus au rôle du multilinguisme dans la prévention ou le ralentissement des troubles neurocognitifs. Des travaux publiés en 2024 indiquent que l’usage régulier de plusieurs langues pourrait retarder de 4 à 6 ans l’apparition clinique des symptômes de démence, en renforçant ce qu’on appelle la réserve cognitive, la capacité du cerveau à compenser la détérioration naturelle ou pathologique (Gallo, 2024). Apprendre une langue n’est pas un remède miracle, mais s’ajoute à d’autres facteurs protecteurs : activité intellectuelle, mobilité, vie sociale, sommeil, etc.
Toutes les personnes apprenantes ne développent pas les mêmes bénéfices cognitifs. La recherche montre que l’impact varie selon :
Une méta-analyse récente rappelle donc que l’avantage cognitif du bilinguisme est réel, mais contextuel, et qu’il dépend autant de l’usage actif de la langue que de l’apprentissage en soi (Review on bilingualism and executive functions, 2023).
La littérature scientifique converge sur plusieurs stratégies efficaces :
|
Stratégie |
Effet bénéfique |
|
Pratique fréquente, même courte (10-15 min/jour) |
Renforce la mémoire à long terme |
|
Usage varié (écouter, parler, lire, écrire) |
Active plusieurs réseaux cérébraux |
|
Interaction sociale réelle |
Augmente la motivation et la consolidation |
|
Exercices avec contraintes (temps, reformulation, alternance de langues) |
Stimule les fonctions exécutives |
|
Immersion partielle ou blocs intensifs |
Accélère les changements neuroplastiques |

Le Collège Nordique propose :
Publié le 16 janvier 2026
Mårtensson J. et al. (2012). Croissance de régions langagières après apprentissage intensif (IRM). NeuroImage. PubMed
Legault J. et al. (2019). Épaisseur corticale et vocabulaire L2 : étude longitudinale. Brain and Language. sciencedirect.com
Rossi E. et al. (2017). Substance blanche et L2 chez l’adulte. Frontiers in Psychology. pmc.ncbi.nlm.nih.gov
Gallo F. et al. (2022). Bilinguisme, vieillissement et délai d’apparition des symptômes. Frontiers in Human Neuroscience. Frontiers
Venugopal A. et al. (2024). Revue systématique sur la protection contre le déclin cognitif. Alzheimer’s & Dementia. alz-journals.onlinelibrary.wiley.com
Nilsson J. et al. (2021). Apprentissage en L2 chez les aîné·e·s : effets cérébraux et prédicteurs. Neurobiology of Aging. pmc.ncbi.nlm.nih.gov
Yurtsever A. et al. (2023). Méta-analyse critique des fonctions exécutives (variabilité des effets). Journal of Applied Research in Memory and Cognition. sciencedirect.com
Chargement en cours
Merci pour votre abonnement