Le Collège Nordique prend la tête d’un nouveau réseau international sur les langues autochtones et minoritaires

Le Collège Nordique jouera désormais un rôle de premier plan dans la collaboration internationale entourant les langues autochtones et minoritaires.

Réunis à Tórshavn, aux îles Féroé, dans le cadre de l’Assemblée de l’Université de l’Arctique (UArctic), les établissements membres ont adopté à l’unanimité la création d’un nouveau réseau thématique consacré à la préservation et à la promotion des langues autochtones et minoritaires. Le projet, porté par le Collège Nordique, a obtenu l’appui de 179 membres et sera coordonné depuis les Territoires du Nord-Ouest.

Cette approbation marque une étape importante pour l’établissement francophone, qui se voit confier le leadership d’une initiative réunissant des partenaires de partout dans le Nord circumpolaire.

Une reconnaissance du leadership développé dans le Nord

Pour le Collège Nordique, cette nouvelle représente bien plus que la création d’un nouveau réseau. Elle témoigne de la reconnaissance de l’expertise développée au cours des dernières années en matière de vitalité linguistique, de transmission culturelle et de collaboration avec les communautés.

Les Territoires du Nord-Ouest possèdent une réalité unique. Le territoire compte onze langues officielles : neuf langues autochtones, le français et l’anglais. Cette diversité linguistique exceptionnelle façonne le travail du Collège Nordique depuis sa création.

En tant qu’établissement postsecondaire francophone en situation minoritaire, le Collège connaît les défis liés à la transmission des langues, à l’accès à l’éducation et au maintien de la vitalité culturelle. Depuis plus de dix ans, il travaille également avec des gouvernements, des organismes et des communautés autochtones afin de soutenir l’enseignement et la revitalisation des langues autochtones.

« Nos histoires sont différentes, mais notre avenir est interconnecté. Nous avons tout à gagner à apprendre les uns des autres, à partager nos pratiques et à construire ensemble des solutions adaptées aux réalités du Nord », souligne Patrick Arsenault, directeur général du Collège Nordique.

Un réseau né d’un besoin partagé

La création du réseau s’inscrit dans la continuité des discussions qui se multiplient depuis plusieurs années partout dans l’Arctique.

Malgré des contextes parfois très différents, les communautés linguistiques autochtones et minoritaires font face à plusieurs enjeux communs. Elles doivent notamment soutenir la transmission intergénérationnelle des langues, former de nouvelles personnes locutrices, développer des ressources pédagogiques adaptées et assurer une plus grande présence de leurs langues dans les systèmes éducatifs.

Ces préoccupations ont notamment été au cœur du Forum international sur la préservation et la promotion des langues autochtones et minoritaires organisé par le Collège Nordique à Yellowknife plus tôt cette année. L’événement avait réuni des participantes et participants provenant de plusieurs régions du Nord afin d’échanger sur les défis et les possibilités liés à la revitalisation linguistique.

Au fil des discussions, un constat s’est imposé : les communautés gagneraient à disposer d’un espace permanent pour partager leurs expériences, leurs réussites et leurs apprentissages. Le nouveau réseau thématique répond directement à ce besoin.

Créer des occasions de collaboration à l’échelle circumpolaire

Le réseau a pour objectif de rapprocher les établissements d’enseignement, les communautés, les chercheuses et chercheurs ainsi que les organisations qui travaillent à la préservation et à la promotion des langues autochtones et minoritaires.

Concrètement, il favorisera l’organisation de forums et de webinaires internationaux, le partage de pratiques exemplaires, la création d’occasions de mentorat et le développement de projets de recherche collaboratifs.

Le réseau pourra également soutenir la mise en place d’initiatives de formation conjointes et favoriser les échanges entre les partenaires du Nord circumpolaire.

Parmi les questions qui guideront ses travaux figurent notamment la revitalisation linguistique, l’intégration des langues autochtones dans l’enseignement postsecondaire, le développement de ressources pédagogiques et l’utilisation éthique des nouvelles technologies pour soutenir les efforts de préservation et de promotion linguistiques.

Des retombées concrètes pour la communauté du Collège Nordique

Au-delà de la reconnaissance institutionnelle, cette initiative ouvre la porte à de nouvelles possibilités pour la communauté collégiale.

Les personnes étudiantes pourraient bénéficier à terme de nouvelles occasions d’échanges et de collaboration avec d’autres établissements du Nord. Les membres du personnel et du corps professoral auront quant à eux accès à un réseau élargi de partenaires et d’expertises, favorisant le développement de projets novateurs et le partage des connaissances.

Déjà, plusieurs établissements et organisations ont manifesté leur intérêt à participer au réseau et à contribuer à son développement.

Pour Patrick Arsenault, cette mobilisation démontre que les solutions développées dans le Nord peuvent avoir une portée bien au-delà des frontières territoriales.

« Cette approbation démontre que les idées et les initiatives qui émergent du Nord peuvent contribuer aux conversations internationales sur l’avenir des langues et des communautés qui les portent. »

Avec la création de ce nouveau réseau thématique, le Collège Nordique confirme son rôle grandissant comme acteur de rassemblement et de collaboration dans le Nord circumpolaire. Une étape importante pour l’établissement, mais aussi pour les nombreuses communautés qui travaillent chaque jour à faire vivre leurs langues et leurs cultures.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du Forum international sur la préservation et la promotion des langues autochtones et minoritaires, organisé par le Collège Nordique à Yellowknife plus tôt cette année. Les discussions amorcées lors de cet événement ont contribué à faire émerger la vision qui a mené à la création de ce nouveau réseau.

 Publié le 11 juin 2026