Soirée de lancement du recueil Nordicité
Cet événement offre une soirée festive autour du recueil Nordicité, avec jeux, rencontres des personnes autrices et plus.
Gratuit
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Dans le cadre du Mois de la francophonie, le Collège Nordique a accueilli le lancement du recueil Nordicité, réalisé en collaboration avec Éditions Présence Francophone. Cette soirée a rassemblé des personnes autrices, des membres de la communauté et des partenaires autour d’un projet profondément humain : mettre en mots les réalités, les parcours et les émotions qui façonnent la vie dans le Nord.
L’événement a été organisé le 19 mars, au Collège Nordique, par Édouard Debeugny, gestionnaire de projets, et Mounir Barry, directeur de l’expérience étudiante et de l’assurance qualité, dont l’engagement a permis de donner vie à cette soirée marquée par la richesse des échanges, des témoignages et des rencontres.
En ouvrant l’événement, Patrick Arsenault, directeur général du Collège Nordique, a exprimé sa fierté devant l’aboutissement de ce projet collectif. Il a souligné l’importance de créer des espaces où la nordicité peut être racontée à travers les voix de celles et ceux qui la vivent, dans toute la richesse de la francophonie en contexte minoritaire.
En filigrane de cette démarche, le projet s’inscrit également dans une volonté du Collège Nordique de se positionner quant à la nordicité. À travers ce recueil, le Collège affirme une réflexion institutionnelle ancrée dans son contexte, tout en laissant une place centrale aux voix et aux expériences de la communauté.
Plutôt que de proposer une définition unique, Nordicité ouvre un espace où différentes perspectives peuvent coexister, se répondre et contribuer à une compréhension plus riche et nuancée du territoire et de la francophonie nordique.
Au fil des lectures et des échanges, une évidence s’est imposée : Nordicité est bien plus qu’un recueil de textes. C’est un espace où se rencontrent les trajectoires, les langues, les identités et les liens qui se tissent dans le Nord.

Pour plusieurs personnes autrices, l’écriture a été un véritable outil d’introspection.
Natalia Perez Pedraza partage :
« La rédaction de ce texte m’a permis d’explorer ces aspects en toute liberté, avec honnêteté, et de réfléchir à ma propre construction identitaire. C’est, pour moi, l’un des plus grands apprentissages de ce processus d’écriture. Ce travail a aussi transformé ma compréhension de la francophonie. À travers les rencontres vécues à Yellowknife, j’ai découvert une francophonie dynamique, accueillante et profondément humaine. Il y a donc un impact très positif dans cette démarche, mais aussi une envie de poursuivre cette réflexion, de continuer à se poser des questions, à faire émerger les pensées qui nous habitent et à leur donner forme à travers l’écriture. »
Le projet Nordicité a aussi été un espace de rencontre et de création collective.
Roxanne Valade explique :
« Au départ, je voyais cet exercice comme un défi d’écriture, jouer avec les différents niveaux de langue et explorer ce que l’on peut exprimer à l’écrit autrement qu’à l’oral. Mais le processus est rapidement devenu beaucoup plus que ça. Entre les personnes que je connaissais déjà et celles que je découvrais, les échanges, les premières ébauches et les discussions nous ont permis de créer des liens réels. C’est devenu, pour moi, un véritable espace de rencontre. L’accompagnement de Myriam Provost Gariépy a aussi été marquant. Peu importe ce que l’on mettait sur papier, il n’y avait pas de jugement, seulement des encouragements à approfondir, à aller plus loin. Cela a permis de créer un environnement sécurisant, où l’insécurité linguistique n’avait pas sa place. »

Pour Lisa Boisneault, le Nord s’est imposé comme une expérience inattendue, marquée par les rencontres, le hasard et une profonde exploration personnelle :
« Ce qui m’a amenée ici, c’est vraiment l’appel du Nord. Je ne savais pas exactement à quoi m’attendre, mais j’avais envie de vivre cette expérience. Et tout s’est enchaîné presque par hasard : une vidéo, un groupe Facebook, une rencontre… et me voilà à Yellowknife. J’ai vécu des expériences qui étaient vraiment très éloignées de ce que je connaissais. Des moments de déconnexion, des aventures, des rencontres humaines fortes, ainsi qu’une immersion dans un mode de vie complètement différent, sans eau courante ni électricité. Je pense que ce qui m’a le plus marquée, c’est cette possibilité d’arriver comme on est, d’être acceptée, et de pouvoir chercher qui on est, de construire son identité. »
Son parcours ne s’arrête pas là. Après le Nord, c’est désormais au Japon qu’elle poursuit cette démarche, guidée par la même curiosité, le même désir d’apprentissage et cette volonté de mieux se comprendre à travers les lieux qu’elle habite.
Les questions de langue et d’identité traversent l’ensemble du recueil.
Rosie Benning, directrice de l’enseignement et de la formation au Collège Nordique, témoigne :
« J’ai grandi anglophone, mais je ne parlais que vietnamien jusqu’à l’âge de quatre ans. Je pense que cela m’a donné une sensibilité particulière aux langues et m’a menée, plus tard, à enseigner le français. Mais ce sont mes personnes étudiantes qui m’ont le plus transformée. En les voyant travailler avec autant de détermination pour réclamer leur langue, je me suis sentie interpellée. Je ne pouvais pas leur dire de parler leur langue à la maison si, moi-même, je ne faisais pas cet effort. J’ai donc décidé de me reconnecter au vietnamien, en solidarité avec leur démarche. Aujourd’hui, je peux dire avec fierté que je suis francophone, parce que je vis en français, je travaille en français et je partage ma vie en français. »

Le témoignage d’Isidore Guy Makaya a apporté une dimension introspective forte à la soirée. Engagé à la fois sur le plan professionnel et communautaire, il contribue également à Éditions Présence Francophone, partenaire du projet.
« J’ai toujours eu de la difficulté à me définir à travers mon passé. Je suis plutôt dans une exploration constante de mon inconscient, avec cette question qui revient souvent : qu’est-ce que je fais ici, sur terre? Ce qui m’a amené dans le Nord est assez insolite : c’est un rêve. Une voix me disait d’aller à Yellowknife rencontrer une personne. Je ne savais pas où c’était, ni pourquoi. Mais j’ai suivi cet appel. Ma rencontre avec le Nord a été une rencontre avec moi-même. Depuis, je continue d’explorer, de me transformer, de me poser la question : qui suis-je? »
Le recueil Nordicité met en lumière une expérience à la fois individuelle et collective du territoire.
Angélique Ruzindana Umunyana, installée à Yellowknife depuis 2005 et engagée dans la vitalité de la francophonie aux Territoires du Nord-Ouest, a partagé une réflexion sur l’écriture comme outil de transmission. Avec Isidore Guy Makaya, elle contribue également à faire vivre Éditions Présence Francophone.
« Cette expérience a été marquante à tous les niveaux. Au-delà de l’écriture, il y a eu tout le travail collectif, les échanges, les révisions. C’était une démarche profondément collaborative. Nous avons mis en mots des expériences du Nord, rassemblé des récits de personnes venant d’horizons différents, mais ancrées dans un même territoire. À travers ces textes, on retrouve des thèmes qui nous relient : l’aventure, l’appartenance, la relation aux autres, la connexion à la nature, les cycles de la vie. Ensemble, nous avons donné une forme à ce que représente la nordicité. »

Le lancement du recueil Nordicité a mis en lumière une francophonie nordique vivante, plurielle et profondément enracinée dans son territoire. À travers les mots, les rencontres et les expériences partagées, les personnes autrices ont fait émerger une vision commune : celle d’une communauté qui se construit, se raconte et s’affirme.
En réunissant des parcours venus d’horizons différents, ce projet permet de faire apparaître des thèmes communs : l’appel du Nord, la transformation identitaire, la relation aux langues, l’importance des liens humains et la proximité avec la nature.
Plus qu’un livre, Nordicité devient ainsi un geste de transmission. Un geste qui affirme que la francophonie dans le Nord se vit, s’écrit et se partage, et qu’elle continue d’évoluer à travers celles et ceux qui la font vivre.

Ce projet ne s’arrête pas à sa publication. Le recueil sera activement intégré aux pratiques pédagogiques du Collège Nordique, notamment dans les cours de français et dans le cadre du programme Explore, où il servira de point d’ancrage pour des discussions, des activités d’écriture et des réflexions sur les réalités nordiques. À travers ces usages, les personnes étudiantes pourront se reconnaître dans les récits, développer leur pensée critique et établir des liens concrets avec leur propre expérience du territoire.
Au-delà du Collège, Nordicité ouvre aussi la porte à des collaborations avec des établissements postsecondaires francophones ailleurs au pays. Le recueil pourra être utilisé comme support pédagogique pour aborder la francophonie en contexte minoritaire, enrichir des cours existants ou inspirer de nouvelles approches d’enseignement ancrées dans des réalités contemporaines et diversifiées.
Quelques copies du recueil sont actuellement disponibles. Les établissements, les personnes enseignantes ou toute organisation souhaitant se le procurer, l’utiliser en classe ou explorer des pistes de collaboration sont invitées à communiquer avec le Collège Nordique afin d’en discuter.

Publié le 20 mars 2026
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