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Du 9 au 13 mars 2026, Mounir Barry, directeur de l’expérience étudiante et de l’assurance qualité au Collège Nordique, s’est rendu à Montréal, au Cégep Gérald-Godin, dans le cadre de la deuxième phase d’un projet de collaboration interinstitutionnelle.
Ce déplacement s’inscrit dans la continuité d’une première phase menée à Yellowknife, visant à mieux comprendre les conditions d’intégration et de réussite des personnes étudiantes en contexte francophone, notamment celles issues de l’immigration.
Cette deuxième phase du projet consistait à mener des entretiens individuels avec différentes personnes professionnelles du Cégep Gérald-Godin, ainsi qu’à participer à un groupe de discussion réunissant des personnes étudiantes internationales.
Certaines rencontres ont eu lieu en présentiel, tandis que d’autres se sont tenues en ligne. Malgré ces défis, les échanges ont permis d’approfondir plusieurs dimensions essentielles liées à l’accueil, à l’accompagnement et à l’intégration des personnes apprenantes.
Les discussions ont notamment impliqué des personnes enseignantes en francisation, des responsables de la formation continue ainsi que des personnes conseillères pédagogiques. Ces échanges ont permis de mieux comprendre les services offerts au Québec, tout en mettant en lumière des réalités comparables à celles du Collège Nordique.
« Ce déplacement nous a permis de constater que, malgré des contextes très différents, les défis vécus par les personnes étudiantes se rejoignent à plusieurs niveaux. L’enjeu n’est pas de reproduire des modèles, mais de voir comment on peut adapter certaines pratiques à notre réalité nordique. » explique Mounir.
Un constat central se dégage de ces rencontres : les publics accompagnés présentent des profils similaires. Dans les deux contextes, il s’agit majoritairement de personnes adultes engagées dans des parcours de formation visant leur intégration sociale, professionnelle et linguistique.
Cette proximité dans les besoins renforce la pertinence des échanges entre établissements et ouvre la voie à des collaborations possibles, notamment pour soutenir les personnes nouvellement arrivées.
Les discussions ont également permis d’identifier des pratiques existantes au Québec qui pourraient être adaptées au contexte nordique, en tenant compte des réalités locales.
Plusieurs initiatives observées au Cégep Gérald-Godin offrent des pistes concrètes pour soutenir l’intégration des personnes étudiantes.
Les journées d’accueil apparaissent comme un levier structurant. Elles permettent de présenter les services disponibles, de créer des premiers repères et de favoriser les échanges dès l’arrivée.
Le jumelage entre personnes étudiantes constitue également une pratique particulièrement porteuse. Dans certains cas, des personnes étudiantes ayant déjà une expérience du milieu accompagnent celles nouvellement arrivées, facilitant ainsi leur intégration sur les plans pédagogique et social.
Des initiatives en mentorat et en accompagnement linguistique ont également été identifiées comme des pratiques pertinentes, pouvant inspirer des adaptations au Collège Nordique.
Par ailleurs, les échanges avec des personnes conseillères pédagogiques ont mis en lumière l’importance d’un accompagnement individualisé, un service qui demeure encore peu développé pour les personnes étudiantes francophones du collégial à Yellowknife.
Les entretiens et le groupe de discussion ont permis de faire ressortir plusieurs défis majeurs. Le logement constitue un enjeu central.
Dans certains cas, les personnes étudiantes doivent effectuer de longs trajets quotidiens pour se rendre à leur établissement, ce qui limite leur participation à la vie étudiante et complique leur intégration.
Les enjeux financiers ont également été identifiés comme le principal défi. Plusieurs personnes étudiantes doivent concilier études et emploi, parfois en cumulant plusieurs sources de revenus, afin de subvenir à leurs besoins et soutenir leur famille à distance. Cette pression affecte directement leur capacité à suivre le rythme des formations.
Les discussions ont également révélé une disparité importante entre les réalités vécues par les personnes étudiantes internationales et celles de leurs pairs locaux. Cette différence peut entraîner un sentiment d’isolement et rendre plus difficile la création de liens au sein de la communauté étudiante.
Un manque d’information avant l’arrivée a également été identifié comme un facteur déterminant.
Bien que certains services existent, leur accessibilité repose souvent sur l’initiative individuelle. En l’absence de démarches proactives, plusieurs personnes étudiantes arrivent sans connaître pleinement les réalités du système d’éducation, le rythme des cours ou les exigences pédagogiques.
Cette situation peut être accentuée par une phase initiale d’enthousiasme, suivie d’une prise de conscience progressive des défis à surmonter dès le début du parcours.
Les enjeux linguistiques viennent également complexifier l’intégration. Malgré un environnement d’études francophone, l’usage de l’anglais dans les interactions informelles peut créer un décalage, notamment pour les personnes issues de pays francophones.
Les échanges ont également permis de mettre en lumière des différences culturelles importantes dans la relation pédagogique.
Dans certains contextes, la relation entre la personne enseignante et la personne étudiante repose sur une dynamique plus hiérarchique. À l’inverse, les approches pédagogiques au Québec valorisent davantage les échanges, la participation et l’autonomie.
Cette différence peut amener certaines personnes étudiantes à hésiter à poser des questions ou à demander de l’aide, ce qui peut entraîner des difficultés dans leur parcours.
Ces constats soulignent l’importance d’une adaptation réciproque, tant du côté des personnes apprenantes que des équipes pédagogiques, notamment à travers des pratiques de formation continue et une meilleure compréhension des réalités étudiantes.
Les apprentissages tirés de ce déplacement ouvrent des perspectives concrètes pour le Collège Nordique.
Dans un contexte nordique, caractérisé par une plus petite communauté et des ressources limitées, la duplication des services n’apparaît pas comme une solution viable.
Une approche basée sur la collaboration entre les organismes du territoire semble plus pertinente. Le partage d’information et la coordination des services pourraient permettre d’offrir un accompagnement plus cohérent et accessible, dès l’arrivée des personnes nouvellement établies.
Cette réflexion s’inscrit dans une volonté d’agir en amont, en travaillant de manière concertée avec les acteurs de l’intégration sociale, économique et professionnelle.
Cette deuxième phase du projet marque une étape importante dans la réflexion menée par le Collège Nordique sur les conditions de réussite en contexte francophone minoritaire.
Les résultats des différentes phases seront consolidés au cours des prochains mois et feront l’objet d’un rapport accessible au public, prévu pour le mois de mai.
En croisant les perspectives et en s’appuyant sur des expériences concrètes, le Collège Nordique poursuit son engagement à développer des approches adaptées aux réalités du Nord, au service des personnes apprenantes et des communautés qu’il accompagne.
Publié le 9 avril 2026
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