Une immersion nordique marquante pour des personnes étudiantes du Cégep de La Pocatière

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Au début du mois de mars, le Collège Nordique a accueilli trois personnes étudiantes du Cégep de La Pocatière dans le cadre d’un projet de recherche portant sur la nordicité et les réalités francophones dans le Nord canadien.

Avant même leur arrivée à Yellowknife, certaines personnes étudiantes ignoraient l’existence d’une communauté francophone aussi structurée aux Territoires du Nord-Ouest. Michael explique qu’ils savaient que des francophones vivaient un peu partout au pays, mais ne s’attendaient pas à découvrir ici tout un réseau d’organisations, d’associations et une communauté aussi active.

Pendant plusieurs jours, ces personnes étudiantes ont mené des entrevues, rencontré des membres de la communauté franco-ténoise et exploré Yellowknife afin de mieux comprendre comment la nordicité influence les parcours, l’identité et le quotidien des personnes qui vivent aux Territoires du Nord-Ouest.

Encadré par leur professeure, Sophie Brodeur, le projet s’appuyait sur une méthodologie de recherche développée avant le voyage. Les personnes étudiantes avaient défini des critères précis afin d’identifier les personnes à interviewer et de structurer leur collecte de données. 

Mais pour l’équipe, une chose est rapidement devenue évidente : rien ne remplace l’expérience du terrain.

« Être ici apporte une dimension complètement différente à notre recherche. Les rencontres et les échanges permettent d’aller beaucoup plus loin que ce qu’on peut comprendre à distance », explique Sarah-Maude Lemelin.

Elle ajoute que, malgré toute la préparation effectuée avant le voyage, certaines réponses obtenues pendant les entrevues les ont réellement surpris. Plusieurs témoignages ont apporté des perspectives auxquelles ils ne s’attendaient pas, enrichissant encore davantage leur compréhension des réalités du Nord.

Michael Lemieux explique également que certaines discussions ont ouvert de nouvelles perspectives pour le groupe.

« On ne s’attendait pas nécessairement à ça. Les gens nous parlaient du soleil de minuit, de tout ce que ça permet de faire dehors, de la vie communautaire… Ça ouvre vraiment beaucoup de possibilités ici. »

Des rencontres humaines marquantes

Au cœur de leur projet se trouvaient les entrevues réalisées auprès de membres de la communauté franco-ténoise. Pour les personnes étudiantes, ces échanges ont été particulièrement marquants par la générosité et la confiance des personnes rencontrées.

Sarah-Maude raconte que plusieurs personnes interviewées se sont rapidement montrées ouvertes et authentiques dans leurs témoignages.

« Les gens ne se sont pas sentis intimidés par notre projet. Au contraire, ils nous ont fait confiance et se sont vraiment permis d’être transparents et vulnérables dans leur partage. »

Ces discussions ont notamment permis aux personnes étudiantes de mieux comprendre certains parcours migratoires et identitaires. Comme le souligne Sarah-Maude, accéder à ces histoires personnelles a été particulièrement touchant pour des personnes étudiantes qui n’ont pas elles-mêmes vécu un processus d’immigration.

« Nous n’avons pas vécu ce type de parcours personnellement, alors d’avoir accès à ces histoires et à ces réflexions a été vraiment touchant pour nous », ajoute-t-elle.

Nathan Cabot insiste pour sa part sur la force et la résilience de certaines personnes rencontrées.

« Les personnes que j’ai pu interviewer sont des personnes combattantes et vaillantes. Elles sont restées elles-mêmes dans leur parcours et elles font aujourd’hui une grande différence dans la communauté franco-ténoise. » 

L’importance d’une immersion sur le terrain

Selon les personnes étudiantes, la collaboration entre le Cégep de La Pocatière et le Collège Nordique a joué un rôle déterminant dans la réussite de leur projet.

Cette initiative s’inscrit dans un cadre pédagogique qui permet aux personnes étudiantes de mener un projet de recherche sur le terrain tout en offrant au Collège Nordique l’occasion de participer activement à la formation de la prochaine génération de personnes chercheuses et professionnelles appelées à s’intéresser aux réalités nordiques.

Cette collaboration leur a permis de rencontrer rapidement des membres de la communauté, de mieux comprendre les réalités locales et de vivre une véritable immersion dans la francophonie du Nord.

« Sans cette collaboration, nous n’aurions pas pu avoir une immersion comme celle-là. C’est très différent d’arriver quelque part et d’essayer de se débrouiller seuls », explique Sarah-Maude.

Nathan abonde dans le même sens et souligne l’accueil reçu dès leur arrivée.

« On ne s’est pas seulement sentis accueillis : on s’est vraiment sentis intégrés et mis en valeur. Chaque fois qu’on revenait au Collège, on avait l’impression de déjà faire partie de la famille, même si on venait d’arriver. »

Ernesto Pardo, gestionnaire des programmes et formations au Collège Nordique, souligne lui aussi l’importance de ces échanges.

« Ce fut un véritable privilège de les accueillir et de les accompagner dans leur compréhension du Nord, des Territoires du Nord-Ouest, de Yellowknife et de sa communauté francophone. Leur curiosité, leurs questions et leur émerveillement m’ont profondément touché. Leur séjour de recherche enrichit non seulement leurs projets, mais aussi notre compréhension collective de ce territoire unique. Je suis très reconnaissant de ce partenariat avec le Cégep de La Pocatière et enthousiaste à l’idée de poursuivre et de développer de nouvelles collaborations. Je pense que ça nous prépare aussi au jour où on aura nos propres personnes étudiantes à accompagner dans des projets de recherche. C'est une belle occasion pour nous d'apprendre. »

Une francophonie vivante et engagée

Au fil des rencontres, les personnes étudiantes ont découvert une communauté francophone particulièrement active et engagée.

Sarah-Maude souligne que, dans le Nord, la communauté prend soin de sa francophonie :

« Personne ne prend la communauté pour acquise ici. Avec le roulement dans le Nord, les gens s’impliquent énormément pour maintenir la vitalité de la communauté. Les gens prennent vraiment soin les uns des autres et de la communauté franco-ténoise et cette implication collective crée un fort sentiment de solidarité. »

Nathan dit également avoir été impressionné par la diversité linguistique et culturelle de la francophonie locale.

« Il y a une variété d’accents, de type de français et de parcours identitaires assez unique. Les gens sont constamment à l’écoute les uns des autres et s’adaptent pour se comprendre et c’est inspirant. »

Il ajoute que, malgré leurs différences, les personnes rencontrées partagent souvent des valeurs et des défis similaires.

Découvrir la nordicité autrement

En dehors de leur travail de recherche, les personnes étudiantes ont également eu l’occasion de découvrir plusieurs facettes de la vie à Yellowknife : ski de fond, pêche, visite du Snowkings' Winter Festival, restaurants locaux et musées.

Le groupe a également visité l’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest. Lors de la séance, les personnes étudiantes du Cégep de La Pocatière et le Collège Nordique ont été officiellement reconnus et nommés par les membres de l’Assemblée.

Certaines découvertes les ont également surpris, notamment les possibilités offertes par l’été dans le Nord.

Même certaines situations imprévues ont contribué à rendre l’expérience mémorable. Une entrevue réalisée à la piscine de Yellowknife, dans un environnement particulièrement animé, s’est transformée en découverte inattendue des installations… et en moment plutôt amusant pour le groupe.

Une expérience profondément marquante

Les personnes étudiantes ont été invitées à résumer leur séjour en un mot. Pour Michael, le séjour a été « complet », tant par la richesse des activités que par la profondeur des rencontres. Il a également tenu à souligner l’importance de l’accompagnement reçu pendant le séjour, notamment celui de Francis Giguère, dont les connaissances du territoire ont enrichi plusieurs moments du voyage.

Sarah-Maude choisit quant à elle le mot « reconnaissante », en évoquant toutes les personnes qui ont contribué à rendre cette expérience possible.

« Sans notre professeure Sophie, l’équipe du Collège Nordique, Ernesto Pardo, Francis, Sandie Redon et toutes les personnes impliquées dans ce projet, cette expérience n’aurait pas été possible. »

Nathan résume pour sa part l’esprit dans lequel le groupe a abordé ce séjour avec un mot simple : aventure.

« Nous sommes arrivés ici avec une mentalité d’aventuriers, prêts à apprendre tout ce que les gens avaient à nous partager et à témoigner de la richesse des territoires. »

Une expérience qui marque aussi leur professeure

Pour Sophie Brodeur, ce projet restera également marquant. Elle souligne particulièrement l’attitude d’ouverture et d’émerveillement des personnes étudiantes tout au long du séjour.

« Ce qui me touche le plus, c’est leur capacité à s’émerveiller de tout ce qu’ils vivent ici. Ils apprécient les rencontres, les activités, le plein air, les discussions… On peut parfois se retrouver dans des endroits extraordinaires sans réaliser le privilège d’y être. Eux sont à Yellowknife, dans le Nord du Canada, et ils sont émerveillés par toutes les petites choses qu’ils découvrent. »

Sophie se réjouit déjà de voir les personnes étudiantes partager leur expérience à leur retour au Cégep de La Pocatière.

« Les entendre parler de leur expérience comme ils le font est tellement puissant et touchant. J’ai hâte de les entendre raconter ça aux autres à notre retour. »

Le Collège Nordique se réjouit d’avoir contribué à cette expérience pédagogique et humaine, qui démontre toute la richesse des échanges entre les communautés francophones du Canada.

Ce projet du Cégep de La Pocatière est rendu possible grâce au soutien financier du gouvernement du Québec, dans le cadre des programmes de soutien à la francophonie canadienne. 

Publié le 9 mars 2026