Une vision commune pour l’avenir : retour sur la rencontre panterritoriale au Collège Nordique

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Le dimanche 8 février, le Collège Nordique a accueilli une rencontre stratégique réunissant Marie-France Talbot de l’Association des francophones du Nunavut (AFN), Souâad Larfi et Sophie Jacques de l’Association franco-yukonnaise (AFY), ainsi que des membres de l’équipe du Collège Nordique. Cette session de travail et de partage s’inscrivait dans une dynamique de collaborations panterritoriales. 

Autour de la table, les échanges ont porté sur plusieurs chantiers structurants : 

  • l’avancement du projet postsecondaire panterritorial 
  • le Sommet sur l’apprentissage tout au long de la vie prévu en juin 
  • les réalités des programmes CLIC et LINC dans les territoires 
  • la préparation d’un panel commun dans le cadre du Forum international des 9 et 10 février 

Au cœur des discussions : une volonté claire de penser et d’agir ensemble. 

Consolider les bases d’un modèle postsecondaire panterritorial 

Sophie Jacques a rappelé les grandes étapes franchies depuis juin 2024, moment où les trois territoires ont signé une entente visant à offrir une structure postsecondaire francophone concertée à l’échelle territoriale. 

Les partenaires ont profité de la rencontre pour faire une mise à jour de l’avancement du projet et discuter des prochaines étapes, notamment en vue de la rencontre prévue en mai. Les travaux se poursuivent dans un esprit de collaboration et d’adaptation aux réalités propres à chaque territoire. 

Vers un Sommet sur l’apprentissage tout au long de la vie 

Autre point central des discussions : le Sommet sur l’apprentissage tout au long de la vie, prévu les 3 et 4 juin à l’Hôtel Explorer à Yellowknife. 

Ce Sommet s’inscrit dans une démarche nationale amorcée par le RESDAC (Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences). Après plusieurs années de travail stratégique, le RESDAC a tenu un Sommet national sur l’apprentissage pour la francophonie canadienne le 5 mars 2024, rassemblant des leaders de partout au pays afin de coconstruire une vision commune et de développer une stratégie favorisant l’apprentissage tout au long de la vie. 

Lors de ce Sommet national, les organisations participantes ont posé un geste symbolique en s’engageant à déployer des sommets provinciaux et territoriaux adaptés aux réalités locales. Rosie Benning, Directrice de la formation et de l’enseignement au Collège Nordique, était présente à cet événement et a participé à cette mobilisation nationale. 

Depuis, le Nouveau-Brunswick a tenu son propre sommet et l’Alberta tiendra le sien en mai prochain. Le Collège Nordique et l’AFY avaient d’ailleurs participé, grâce au RESDAC, au premier Sommet provincial au Nouveau-Brunswick en novembre dernier. 

Souâad Larfi souligne l’importance de cette expérience : 

« J’ai eu la chance d’être invitée à participer au sommet du Nouveau-Brunswick. Cette expérience m’a permis d’approfondir ma compréhension des différentes formes d’apprentissage et de découvrir des exemples concrets d’apprentissage informel et non formel ainsi que leurs impacts. Elle m’a aussi rappelé que l’apprentissage dépasse largement les murs de l’école et s’inscrit tout au long de la vie. J’ai pu mesurer le rôle essentiel que les organisations peuvent jouer dans le développement des compétences et comment elles peuvent contribuer activement à l’essor de communautés apprenantes. » 

Dans les territoires, le choix s’est imposé naturellement : plutôt que de travailler en silo, le Yukon, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest ont décidé d’unir leurs forces pour organiser un Sommet panterritorial, reflétant la réalité nordique où la collaboration interterritoriale est essentielle. 

L’objectif est de réunir environ 60 personnes participantes afin de réfléchir aux besoins des communautés francophones nordiques en matière de reconnaissance des compétences, de formation et de développement des talents. 

La définition de l’apprentissage adoptée est volontairement large. Au-delà des parcours postsecondaires qualifiants, il s’agit également de reconnaître les compétences culturelles, professionnelles et relationnelles, ainsi que les apprentissages informels. Cette approche valorise les parcours atypiques et met en lumière la richesse des expériences vécues dans les communautés nordiques. 

Afin d’ancrer le Sommet dans les réalités concrètes des territoires, un financement spécifique du RCCFC a permis de mener des consultations locales. 

Lucas Beaudre, gestionnaire de projets au Collège Nordique, s’est notamment déplacé à Hay River afin de rencontrer des membres de la communauté, visiter des établissements scolaires et recueillir des perspectives sur les besoins en matière d’apprentissage tout au long de la vie. Ces échanges permettront d’alimenter les discussions du Sommet et de s’assurer que les priorités identifiées reflètent véritablement les réalités locales. 

Ce travail préparatoire s’inscrit dans un effort de plusieurs années visant à faire émerger une vision cohérente et adaptée au contexte nordique. 

LINC et CLIC : des réalités complémentaires 

Les programmes LINC et CLIC ont également fait l’objet d’un échange approfondi. 

Un partenariat à distance existe déjà entre le Collège Nordique et l’AFN pour le CLIC et le LINC, et les partenaires ont survolé les avancées de cette collaboration, qui se déroule très positivement. 

« Cette collaboration est précieuse, car elle nous permet d’élargir l’offre de cours d’anglais et de français pour les Nunavummiut, tout en respectant les capacités de notre équipe de formation au Nunavut. » — Marie-France Talbot, cheffe du service formation de l’AFN 

Les profils des clientèles diffèrent sensiblement. Au Collège Nordique, les niveaux 1 à 8 sont offerts en LINC (les niveaux 5 à 8 en formule hybride). Le CLIC couvre les niveaux 1 à 4, également en mode hybride, avec environ 6 heures d’enseignement par semaine. 

Leanne Robinson, enseignante de français pour le CLIC, a expliqué qu’une personne nouvellement arrivée choisira souvent l’anglais comme première langue d’intégration, en raison de sa dimension pratique et de son accessibilité. La clientèle du CLIC est généralement composée de personnes déjà intégrées à la communauté, ce qui facilite les modalités hybrides. 

Du côté du Yukon, l’intérêt pour le programme CLIC est manifeste. Souâad Larfi précise : 

« Nous avons un grand intérêt à offrir le programme CLIC aux Yukonnaises et Yukonnais et à enrichir notre offre de cours de langues grâce à un partenariat avec le Collège Nordique. Ce projet constituerait également le tout premier programme panterritorial offert conjointement par les trois organismes, amorçant ainsi concrètement notre collaboration. » 

Un travail de fond pour un avenir structuré 

La Rencontre panterritoriale du 8 février confirme que la collaboration entre les territoires s’inscrit dans une vision à long terme. 

En partageant leurs réalités, leurs contraintes et leurs ambitions, les partenaires consolident une approche concertée du développement des compétences et de l’apprentissage tout au long de la vie en contexte nordique. 

Dans un environnement marqué par la diversité des réalités juridiques, culturelles et institutionnelles, cette collaboration constitue une force stratégique pour l’avenir des communautés francophones du Nord. 

Publié le 19 février 2026