Trouver sa place au cœur de la francophonie nordique

Du 1er au 7 novembre, la Semaine nationale de l’immigration francophone célèbre les parcours, les expériences et les contributions des personnes immigrantes à la vitalité des communautés francophones partout au pays.

Sous le thème « Trouver sa place au cœur de la francophonie », cette édition invite à réfléchir à ce qui permet de se sentir véritablement chez soi dans une nouvelle communauté. Chaque personne arrive avec une histoire, des connaissances et des expériences qui contribuent à leur tour à enrichir leur milieu d’accueil.

Des parcours aussi différents que la francophonie

Il n’existe pas une seule expérience de l’immigration francophone. Certaines personnes arrivent dans le Nord après avoir étudié ou exercé une profession ailleurs dans le monde, seules ou avec leur famille. Chacune se crée peu à peu de nouveaux repères.

Pour Fatoumata Yacine Diallo, originaire de Guinée et établie à Yellowknife depuis 2023, cette adaptation est notamment passée par une volonté de saisir les possibilités qui se présentaient.

« Je me suis adaptée en restant ouverte et en saisissant les opportunités, même lorsqu’elles étaient en dehors de mon domaine d’études. »

Titulaire d’un baccalauréat en gestion et marketing, Fatoumata a découvert le milieu de l’éducation après son arrivée dans le Nord. Une expérience comme aide-enseignante suppléante l’a menée vers le milieu parascolaire, puis vers la petite enfance. Elle poursuit aujourd’hui sa formation et souhaite éventuellement réunir son expérience auprès des enfants et sa formation en gestion dans un projet de centre éducatif bilingue.

Continuer d’apprendre, à toutes les étapes de la vie 

S’établir dans un nouveau pays peut demander de se familiariser avec un nouveau marché du travail ou un nouveau système, de poursuivre ou reprendre des études, d’apprendre une langue ou de composer avec des défis liés à la reconnaissance de diplômes et d’expériences acquis ailleurs.

Le parcours de Laure, originaire du Cameroun, illustre bien cette continuité. Avant son arrivée au Canada, elle possédait déjà huit années d’expérience comme éducatrice. Sa formation dans le Nord lui a permis d’ajouter de nouvelles connaissances à son expérience et de mieux comprendre le système dans lequel elle poursuivait sa profession.

Son expérience rappelle que l’apprentissage peut accompagner l’adaptation sans effacer les connaissances et les compétences acquises auparavant.

L’accès à une éducation de qualité et flexible peut alors faire une réelle différence. Les formations à distance ou hybrides, les cours synchrones et asynchrones et la formation continue permettent notamment de poursuivre son apprentissage tout en conciliant travail, famille et autres responsabilités.

Cette réalité dépasse largement le contexte de l’immigration. Nous apprenons dans un programme d’études, mais aussi au travail, dans une formation, en faisant du bénévolat, dans notre communauté et au fil de nos expériences. Ces apprentissages formels, non formels et informels font partie de nos parcours à toutes et à tous.

C’est dans cet esprit que le Collège Nordique participe, avec le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC), aux réflexions entourant les communautés apprenantes et la reconnaissance des différentes façons d’apprendre. Des initiatives comme les Francobadges permettent notamment de rendre visibles des compétences développées dans différents contextes, en complément des diplômes et des certifications. 

Trouver sa place, sans laisser derrière soi ses racines 

Apprendre à connaître son nouvel environnement n’implique pas de laisser derrière soi son histoire ou sa culture.

Le parcours d’Angélique Ruzindana Umunyana en témoigne particulièrement bien. Née au Rwanda, elle est arrivée une première fois au Canada grâce à une bourse pour poursuivre une maîtrise en chimie au Québec. Après un retour dans son pays natal, elle est revenue au Canada avec sa famille pour entreprendre un doctorat en microbiologie. Son parcours l’a ensuite menée jusqu’aux Territoires du Nord-Ouest.

Au fil des années, Angélique s’est profondément engagée dans la francophonie ténoise, notamment comme présidente du conseil d’administration du Collège Nordique. En 2023, elle a reçu le prix Jeanne-Dubé de la Fédération franco-ténoise pour son engagement envers la langue française et la culture francophone aux TNO.

En racontant son parcours, elle insistait sur l’importance de créer un réseau et de participer à sa communauté, tout en trouvant un équilibre entre ses racines culturelles et son nouvel environnement.

Cette réflexion sur l’appartenance est revenue lorsqu’elle a participé au recueil Nordicité, qui rassemble les expériences de personnes aux horizons différents unies par leur rapport au Nord.

« À travers toutes nos expériences, il me semble qu’on est en train de construire quelque chose ensemble. » 

Transmettre à son tour

Cette idée se retrouve aussi dans le parcours de Mounir Barry, aujourd’hui directeur de l’expérience étudiante et de l’assurance qualité au Collège Nordique. 

Originaire de Guinée, son parcours l’a mené de son pays natal à Dakar, puis au Canada. Ces transitions lui ont demandé de s’adapter à différents environnements et de se créer progressivement de nouveaux repères.

Aujourd’hui, son expérience nourrit à son tour son travail auprès des personnes étudiantes. Son parcours rappelle que les personnes immigrantes ne sont pas uniquement bénéficiaires des communautés qui les accueillent : leurs expériences et leurs perspectives deviennent elles-mêmes des connaissances qui peuvent être transmises et contribuer à l’expérience des autres. 

Une communauté se construit à plusieurs 

Trouver sa place passe aussi par les personnes que l’on rencontre, les liens que l’on crée et la possibilité de participer à la vie de sa communauté.

Dans un contexte francophone minoritaire comme celui des Territoires du Nord-Ouest, pouvoir accéder à des services en français peut offrir un point de repère important. L’éducation fait partie de cet écosystème, tout comme l’emploi, la santé, les services d’établissement, la culture et les activités communautaires.

Aux TNO, plusieurs organismes francophones contribuent à créer ces espaces et à accompagner les personnes dans différentes dimensions de leur vie. Cette complémentarité est essentielle : trouver sa place peut commencer dans une salle de classe, un milieu de travail, une activité communautaire, un organisme francophone ou une simple rencontre.

Une francophonie façonnée par les personnes qui la font vivre

Les personnes immigrantes ne font pas que s’intégrer à la francophonie nordique : elles participent à la façonner. Elles y apportent leurs langues, leurs expériences, leurs connaissances et leurs perspectives. Elles deviennent des personnes éducatrices, entrepreneures, professionnelles, bénévoles et leaders communautaires.

Les parcours de Fatoumata, Laure, Angélique et Mounir sont différents et ne représentent pas à eux seuls toute la diversité de l’immigration francophone dans le Nord. Ils témoignent toutefois, chacun à leur manière, d’un parcours fait d’adaptation et d’apprentissage, mais aussi de transmission, d’engagement et de contribution.

À l’occasion de la Semaine nationale de l’immigration francophone, le Collège Nordique célèbre toutes les personnes qui ont choisi de faire du Nord une partie de leur histoire et qui contribuent, à leur manière, à faire vivre et évoluer la francophonie nordique. 

Publié le 3 novembre 2026